L'amante éternelle

J'ai envie de partir, de partir loin de toi de moi, de tout ça... J'aimerai partir, m'enfuir, me sauver, tout quitter... parce que je t'aime et n'aimerai que toi... Viens me chercher... Tu es belle... Prends-moi dans tes bras, jamais je ne te quitterai si tu le veux... Je t'aime, ma belle, à jamais, peut-être... Viens, je t'en supplie, viens... J'ai besoin de toi et de tout ce qui te définis... Ne m'oublie pas, je t'aime... Je souhaite et aimerai partir avec plaisir dans tes bras tiède.

Mais mon amante est volage... Je ne serai pas la première dans tes bras, par volonté, du moins... Tu es par côté une pute, qui enserre insensiblement, bébé, vieillard, enfant, dans tes bras puissants et tellement confortables... Tu es belle, et je t'aime... Je suis sans toi, mais quand tu me prendras, à jamais, plus jamais, ou à peine !, je ne te reverrai...

La Mort est une belle amante et c'est dans ses bras que se trouve ma place...

J'en rêve et/ou j'en crève d'envie... Ceux qui l'aiment en meurt, et donc la rejoint... Ou en deviennent fou, fou d'amour et de désir... Ses orbites noires où ne brillent aucune lueur d'espoir, son corps tiédie par tous ces corps qui y furent serré à jamais, la peau aussi blanche que les os des charniers où ta caricature y figure, son odeur peine de nuance de fleurs existantes : violettes et lys, lilas et roses.

Ta peau de porcelaine a la douceur des plumes de cygnes (ainsi que la couleur) et ton odeur est enivrante. Elle est faire pour enivrer tes amants et tes victimes pour leur faire tout oublier durant ta présence : ceux qu'ils aiment, ce qu'il les attends, ce qui s'est passé ce qui se passe et ce qui se passera... Tu es mon seul amour éternel pour mon éternité. Quand je serai damnée (je le serai, je le sais !), viendras-tu me voir ? ou m'oublieras-tu ? Ne me laisse pas devenir folle comme ceux d'avant ! J'aimerai faire partie, non pas des privilégiés, mais pas loin... Car, si même en enfer je ne trouve pas ce que je cherche, à quoi cela servirait-il d'aller au lieu où sont les victimes de tes opérations ? Ta présence marque mon corps et l'esprit des autres, ton absence marque le corps des autres et mon esprit...

J'en ai aimé d'autres, mais comme elle, jamais... Son indifférence m'est familière, on me l'a si souvent démontré. Je ne mérite rien, ni personne... Je veux te rejoindre... Finalement, ta réaction m'importe peu... Laisse-moi te rejoindre. Tu seras bien obligée de me serrer dans tes bras pour m'emporter... Je nicherai mon visage dans ton cou qui embaume une odeur fleurie, et, peut-être, aurai-je le courage de poser mes lèvres sur les tiennes. Un baiser de désespérée, de quelqu'un qui ne sait plus quoi faire et qui dois faire un choix crucial entre la voix difficile et la voie facile... Cette dernière se présente à moi par ta silhouette frêle et fantomatique. La voie difficile est illustrée par ma famille et mes amis... Ceux qui m'aiment et tiennent à moi... Mais, quand on aime, il faut tout quitter et tous les quitter... Et je suis folle d'amour... Ça y est... Ma folie débute... depuis combien de temps est-elle enfouie dans les profondeurs ténébreuses de ma cervelle ? Peut-être... depuis toujours ?! Seras-tu là si je te donne rendez-vous ? Dis-moi oui... Je n'en peux plus...

C'est la première fois que j'ai ressentie autant de choses pour un seul être. Et cet être, c'est toi. Nous nous complétons. Tu es mon âme-soeur, c'est comme ça, et pas autrement. Rien n'y changera, et c'est ainsi. Suis-je la première à te tenir un discours aussi enflammé (et familier) ? Si oui, cela signifierait-il une chance pour moi, une chance de ravir ton amour ? Attends-moi !

Si c'est non, eh bien... Pas grave ! Reste avec tes amants et amantes quotidiens et superficiels ou non... Je frise la banalité, je crois que c'est par nature... Praline à la noisette, voilà ce que je suis ! Je souhaite être écrabouillée, mangée, avalée, digérée, réduite en cendre pour te rejoindre... M'attendras-tu, à la fin de tout et de tous ? Par pitié, laissez-moi rejoindre ma belle amie !

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